L'assourdissante pauvreté de l'actu high-tech
Et après, on s’étonne de les voir errer sur Twitter et perdre des places dans Wikio. Désabusés, les blogueurs high-tech, tout comme les journalistes, ont de solides raisons de s’ennuyer. Depuis le début de l’année, il ne s’est presque rien passé. Pas d’iPhone (2007) ou de netbook (2008) autour desquels déverser des feuillets d’analyses ou de tests. Pas de nouvelle console, d’OS révolutionnaire, sur lesquels titrer. Juste quelques micro avancées et des innovations qui n’en sont pas.
Pourtant, on en fait toujours des tonnes sur tout et n’importe quoi, on cède à la facilité et l’on s’accroche - pour faire du volume - à la moindre nouveauté des plus anecdotiques, comme si l’on n’avait plus une once d’esprit critique. Résultat, on tourne en rond et ça fatigue.
Voici cinq exemples récents et significatifs de cette tendance au remplissage désabusé.
- Le copier-coller, les MMS et la télé sur l’iPhone. Cela existe depuis des années sur tous les autres téléphones. Ce sont pourtant LES nouveautés sur lesquelles presque tout le monde s’est focalisé. Parce que c’est Apple et qu’il fallait bien écrire, à chaud, quelque chose lors des annonces. Aboutissement : ce mardi, on découvre que la télé est diffusée en 3G dans une qualité pourrie, ce que l’on constate depuis plus de trois ans. Dingue.
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Tout ce qui concerne Twitter. Soyons honnêtes: on en fait trop. Les papiers Twitter/Facebook, Twitter/Google, peuvent être marrants de temps en temps. Ce sont nos marronniers. Les innombrables listes de conseils en tout genre pour gonfler ego et compteur de followers sont simplement épuisantes. Tout comme l’émerveillement devant chaque micro-nouvelle qui ne mériterait même pas 140 caractères : le bouton “more” qui remplace la pagination, les appels widgets qui annoncent de la pub, le changement dans le titre des pages.
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La nouvelle maquette de Facebook, et ce qui s’en suit. Le feuilleton de ce début d’année : Mark Zuckerberg jaloux de Twitter n’écoute que lui-même et irrite les internautes. Vu de loin, ça semble passionner. Alors on monte ça en épingle, avec son lot de rebondissements tout faits (et surfaits), comme lors de la polémique sur les conditions d’utilisation. Est-ce la fin de Facebook ma bonne dame ? Loin de tout ça, nos grands-parents s’inscrivent et l’audience continue tranquillement d’augmenter.
- Tout Google. Cela ne varie pas: à chaque jour son annonce Google, dont l’intérêt est souvent proche du néant. Témoins, ces quelques modifications dans l’affichage des résultats sur lesquels ReadWriteWeb est capable de pondre un pensum. Le dernier truc intéressant, c’était Latitude. Pendant ce temps, peu de monde qui s’intéresse à l’état de santé de la boîte, à sa bureaucratisation galopante.
- L’iPod shuffle. Il est petit, moche, moins pratique que l’ancien… c’est le nouvel iPod shuffle. Parfaite incarnation d’un secteur qui ne se renouvelle qu’artificiellement, en ajoutant subtilement des défauts à ce qui fonctionnait bien jusqu’alors (l’inutile DSi et sa batterie anémiée ne sont pas loin). La polémique sur les écouteurs propriétaires a permis d’atteindre des niveaux de futilité inimaginables.
Du CES début janvier jusqu’à l’énième point fibre optique aujourd’hui, ce ne sont hélas pas les seuls exemples. Il existe pourtant quelques raisons d’être optimiste pour les prochains mois. Petite sélection de sujets qui permettront à la high-tech, plus que par des bidouilles de SEO, de la sur-optimisation, ou des échanges de liens insignifiants, de rivaliser avec les blogs déco-maison-cuisine-et-vie-de-mon-chien.
- Hadopi. Pas exactement un sujet joyeux, c’est vrai, mais une actualité particulièrement intéressante à traiter. Parce qu’elle touche aux insupportables contradictions politiques, parce qu’elle a donné l’occasion de faire émerger d’excellents articles. On n’est pas seulement dans du DADVSI saison 2. Pas étonnant que ReadWriteWeb France, très bien positionné sur ce créneau, se démarque.
- Microsoft. Steve Ballmer, qui met les pieds dans le plat en flinguant les prix d’Apple, a le mérite d’animer les débats. Cela débouche sur des papiers qui permettent de se poser les bonnes questions sur l’informatique en temps de crise et sur la valeur d’une marque. Ces prochains mois, la sortie de Windows 7 et la confrontation avec Snow Leopard seront des sujets à suivre de près.
- Le Palm Pre. Il y a sûrement une bonne dose d’exagération qui entoure ce téléphone encore mystérieux, que l’on a toujours interdiction de toucher des deux mains. Mais on sent là aussi que quelque chose peut avancer, que la concurrence doit se méfier du Pre, à l’interface travaillée et aux fonctions bien pensées. Après deux ans de règne de tranquille de l’iPhone, il fallait au moins ça pour réveiller tout le monde.
- Free. L’attribution de la quatrième licence 3G, qui n’a aucune raison d’échapper à Free, annonce de vrais bouleversements dans le paysage télécoms. Cela changera un peu des MVNO qui se battent pour des miettes. L’ambiance est d’ailleurs déjà électrique (cf. les sorties de Lombardini et de Niel, puis la réponse “choquée” de France Télécom). On touche ici à quelque chose de sérieux.
- Steve Jobs. Il a créé le Mac, l’iPod et l’iPhone. Il ne peut tout simplement pas s’arrêter là.
Conclusion: un premier trimestre à oublier dans la high-tech. Si vous voyez encore des articles ou des billets abrutissants sur Twitter, sur les rêves de grandeur de Zuckerberg ou sur la connexion USB du shuffle, soyez indulgents. Ça devrait s’arranger d’ici là fin de l’année.